Séchage solaire : la prime CEE AGRI-EQ-110 est supprimée
Le séchage solaire reste une réponse technique éprouvée pour sécher du foin, des céréales ou du bois sans brûler gaz ni fioul. Mais la prime CEE séchage solaire n'existe plus : l'arrêté du 18 septembre 2026 (NOR ECOR2624709A), publié au JO du 23 septembre 2026, a supprimé la fiche AGRI-EQ-110. Aucun nouveau dossier ne peut être déposé depuis le 24 septembre 2026.
Un projet engagé avant cette date ? Les opérations engagées avant le 24 septembre 2026 restent recensables par le demandeur de certificats jusqu'au 2 octobre 2026. C'est le point à vérifier en priorité si un chantier était en cours, et notre équipe peut faire le point avec vous.
Mis à jour le — chiffres alignés sur la 6e période CEE (décret n° 2025-1048).
Aucune aide CEE n'est aujourd'hui disponible pour cet équipement en agriculture
Les fiches CEE qui finançaient ce type d'équipement ne sont plus ouvertes à de nouveaux projets agricoles : nous ne pouvons donc pas vous proposer de prime sur ce poste.
Le photovoltaïque reste le seul levier éligible pour votre exploitation, si votre consommation électrique est importante. Contactez-nous pour étudier l'autoconsommation, voire l'autoconsommation collective.
Étudier le photovoltaïqueQu'est-ce que le séchage solaire par insufflation ?
Le séchage solaire par insufflation est un procédé qui réchauffe l'air au dos de panneaux solaires hybrides, puis l'insuffle dans la masse de produits à sécher au moyen d'un ou plusieurs ventilateurs. Ces panneaux produisent en même temps de l'électricité et de la chaleur, ce qui distingue la technologie d'une toiture photovoltaïque classique.
L'air circule à basse température, entre 25 et 40 °C. Cette douceur préserve les qualités nutritives du fourrage et la couleur des plantes aromatiques, là où un séchoir à gaz travaille bien plus chaud. Des sondes d'hygrométrie modulent le débit pour abaisser progressivement le taux d'humidité de la récolte sans jamais la dégrader.
Autre atout du séchage en intérieur : les produits restent à l'abri des UV. Les fiches techniques des filières biologiques recommandent cette configuration pour les fleurs et les feuilles, dont la teinte et les arômes se conservent mieux dans une chambre sombre et ventilée.
Le procédé fonctionne en autonomie : une fois la chambre de séchage remplie, la ventilation s'ajuste seule au fil de la journée selon l'ensoleillement disponible. L'électricité produite par la face photovoltaïque des panneaux alimente les auxiliaires ou se revend au réseau, ce qui améliore encore le bilan de l'installation.
La fiche AGRI-EQ-110 : ce que le dispositif exigeait
La fiche AGRI-EQ-110, en vigueur depuis le 31 juillet 2021 et supprimée le 24 septembre 2026, encadrait cette opération au sein du dispositif des certificats d'économies d'énergie. Quatre exigences conditionnaient l'aide — elles restent la référence technique de tout séchoir solaire, même sans financement CEE.
- L'installation prenait place dans un bâtiment fermé.
- Un professionnel réalisait la pose.
- Les panneaux hybrides portaient les certifications IEC 61215 et IEC 61730 (production photovoltaïque), ainsi que ISO 9806 ou ETV (performance thermique).
- Leur productivité combinée atteignait au moins 500 W/m².
Deux configurations ouvraient droit aux certificats, pour une opération engagée avant le 24 septembre 2026. La première couvrait le système complet : centrale de traitement d'air, ventilateurs et chambres de séchage. La seconde se limitait à la toiture en panneaux hybrides, raccordée à une installation aéraulique déjà présente sur l'exploitation agricole — utile quand un séchoir classique équipait le bâtiment.
L'exigence du bâtiment fermé n'a rien d'administratif : elle garantit que l'air réchauffé traverse réellement la masse de produits au lieu de se perdre. Un stockage clos permet aussi de piloter finement la reprise d'humidité nocturne, point sensible pour le foin comme pour les plaquettes.
Quel montant de prime CEE séchage solaire pour un dossier déjà engagé ?
Le volume de certificats se calculait en multipliant un montant unitaire par kW par la puissance thermique totale installée. Ce barème ne concerne plus que les opérations engagées avant le 24 septembre 2026, encore recensables jusqu'au 2 octobre 2026 — le détail du mécanisme reste décrit sur notre page consacrée au fonctionnement des kWh cumac.
Le barème officiel distinguait deux familles de produits : le barème appliqué aux produits forestiers était plus élevé que celui des produits agricoles. La durée de vie conventionnelle retenue pour l'opération était de 15 ans, et la prime croissait avec la puissance installée.
Ces montants ne sont plus accessibles à un nouveau projet : aucun dossier ne peut être déposé depuis le 24 septembre 2026. Ils ne valent que pour une opération engagée avant cette date et recensée dans les délais. Si vous êtes dans ce cas, notre équipe vérifie où en est votre dossier.
Le dispositif reste porté par la 6e période fixée par le décret n° 2025-1048, qui court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030 : d'autres gisements CEE restent ouverts sur votre exploitation. Voir la méthode de calcul d'une prime CEE.
Les leviers qui faisaient varier l'aide
| Levier | Effet sur l'aide |
|---|---|
| Puissance thermique installée. | Le volume de certificats croissait proportionnellement aux kW posés. |
| Produits séchés. | Le barème forestier était plus élevé que le barème agricole. |
| Configuration retenue. | Un système complet neuf était mieux doté qu'une toiture couplée à un séchoir existant. |
| Valorisation négociée. | Le prix du MWh cumac se négociait avec l'obligé et suivait le marché. |
Pour un projet de séchage qui n'a pas encore été engagé, le calcul change de nature : il ne reste plus qu'un raisonnement technique et un budget d'investissement, sans certificats à la clé. Les aides encore mobilisables sur un bâtiment agricole sont ailleurs, et notre page aides CEE du secteur agricole en donne la liste.
Productions concernées : du foin au bois de scierie
La fiche visait les produits et co-produits agricoles et forestiers, sans liste limitative. Les usages les plus courants figurent ci-dessous — le procédé reste transposable à un projet monté sans certificats.
- Céréales et oléagineux après récolte.
- Fourrage : foin et luzerne séchés en grange.
- Plantes aromatiques et médicinales (PPAM), dont la qualité dépend d'un air doux et sombre.
- Fruits à coque et autres produits de la ferme nécessitant une déshydratation maîtrisée.
- Plaquettes forestières, sciures et bois de chauffage.
Les bénéfices dépassent la seule facture d'énergie. Un retour d'expérience d'éleveur, publié sur le site Osez l'agroécologie, décrit l'effet du séchage en grange solaire sur la conduite de la récolte (retour d'expérience complet).
Les études de l'Association francophone pour les prairies et les fourrages vont dans le même sens. Un fourrage rentré plus tôt garde davantage de feuilles, donc de protéines.
Avant le montage financier, un séchoir en grange se conçoit : volume de récolte à traiter, ventilation, organisation du bâtiment. Dans le Grand Ouest, l'association d'éleveurs SEGRAFO réunit des exploitants et des techniciens autour du séchage des fourrages : elle propose des visites-conseil, des formations et des études de dimensionnement pour les séchoirs en grange, en bottes, à plat ou multiproduits. Notre rôle commence là où la conception s'arrête — la valorisation des certificats et le montage du dossier AGRI-EQ-110.
Le cas du bois : les volumes de certificats les plus élevés
Pour une scierie ou un exploitant forestier, le séchage valorise directement le bois d'œuvre et les co-produits. Le besoin thermique élevé de la filière donnait les volumes de certificats les plus importants du barème : c'est ce qui rendait ce montage particulièrement attractif avant l'abrogation. Notre page séchage solaire pour scieries et exploitants forestiers détaille ce cas de figure et sa situation depuis l'arrêté du 18 septembre 2026.
Un hangar, deux sujets : LED et séchage solaire
Un bâtiment de stockage pouvait cumuler la modernisation de son éclairage et un séchoir solaire. Seul le volet éclairage reste finançable, et au cas par cas : le guide éclairage LED et séchage solaire en hangar agricole fait le point sur les deux volets.
Un dossier engagé avant le 24 septembre ? Faites le point
Le déroulé ci-dessous décrit le parcours d'une opération de séchage solaire. Il ne vaut plus que pour un dossier engagé avant le 24 septembre 2026 et recensé avant le 2 octobre 2026 ; pour un projet postérieur, seules les étapes techniques subsistent.
- Audit du bâtiment — surface de toiture exploitable, orientation, configuration du stockage et volume de récolte à sécher. Cette étape garde tout son sens, financement CEE ou non.
- Dimensionnement du séchoir — puissance thermique, surface de panneaux hybrides et implantation des ventilateurs. Même remarque : c'est de l'ingénierie, pas du montage financier.
- Montage du dossier CEE — impossible sur la fiche AGRI-EQ-110 depuis le 24 septembre 2026. Pour un dossier déposé avant cette date, nos experts vérifient le recensement auprès de l'obligé, avant l'échéance du 2 octobre 2026.
- Installation — un professionnel qualifié pose l'équipement. Aucun versement de certificats n'est à attendre pour une opération engagée après le 24 septembre 2026.
Côté justificatifs, prévoyez les fiches techniques des panneaux avec leurs certifications, le devis de l'installateur et l'attestation sur l'honneur signée en fin de chantier : ces pièces restent nécessaires pour faire aboutir un dossier engagé dans les temps. Nous les préparons avec vous.
Le séchage solaire n'est plus un levier financé, mais l'exploitation en compte d'autres : notre panorama des aides CEE du secteur agricole recense les fiches applicables à l'élevage, aux serres et aux bâtiments de stockage.
Questions fréquentes sur le séchage solaire et l'abrogation d'AGRI-EQ-110
Abrogation et dossiers en cours
Mon bâtiment ouvert était-il éligible ?
Non. La fiche AGRI-EQ-110 imposait un bâtiment fermé, condition indispensable pour maîtriser les flux d'air insufflés dans la masse de produits. Un hangar ouvert sur un ou plusieurs côtés sortait du cadre. Cette exigence ne concerne plus que les opérations engagées avant le 24 septembre 2026, date de suppression de la fiche.
La prime couvrait-elle une toiture couplée à un séchoir existant ?
Oui, pour une opération engagée avant le 24 septembre 2026. La fiche prévoyait deux configurations : le système de séchage complet (centrale, ventilateurs, chambres) et la toiture seule en panneaux hybrides raccordée à une installation aéraulique déjà en place. Aucun nouveau dossier ne peut être déposé depuis cette date.
Quelles certifications les panneaux hybrides devaient-ils porter ?
Les panneaux devaient être certifiés IEC 61215 et IEC 61730 pour la partie photovoltaïque, et ISO 9806 ou ETV pour la partie thermique. Leur productivité combinée devait atteindre au moins 500 W/m². Ces références techniques restent la norme du marché, mais elles n'ouvrent plus droit à certificats depuis la suppression de la fiche.
Après l'abrogation : dimensionnement et alternatives
Que peut-on encore financer sur un bâtiment agricole ?
Plusieurs fiches agricoles restent actives pour d'autres équipements, comme les pompes à chaleur, les écrans thermiques, la couverture de serre ou l'isolation des parois de serre. Le cumul avec d'autres aides agricoles s'étudie au cas par cas. Notre page aides CEE du secteur agricole détaille les dispositifs mobilisables.
Quelle surface de panneaux hybrides fallait-il prévoir ?
Le dimensionnement partait de la production annuelle à sécher, de la toiture disponible et de son orientation, puis fixait la puissance thermique à installer. Seule contrainte fixe : une productivité combinée d'au moins 500 W/m² pour les panneaux retenus. Ce raisonnement technique reste valable pour un projet de séchage solaire monté sans certificats, et l'audit initial tranche ces questions avant tout engagement.
Votre projet de séchage solaire après l'abrogation
Un dossier en cours, ou un projet à réorienter ? Parlons-en.
- Dossier engagé avant le 24 septembre 2026 — nous vérifions le recensement auprès de l'obligé avant l'échéance du 2 octobre 2026.
- Projet non engagé — le séchage solaire reste une solution technique viable, mais sans certificats à la clé. Nous vous le disons sans détour.
- Autres leviers CEE — les aides CEE encore ouvertes au secteur agricole, selon votre bâtiment.
La prime CEE séchage solaire n'est plus attribuable : aucun nouveau dossier n'est recevable depuis le 24 septembre 2026, et les conditions de la prime ne valent que pour une opération déjà engagée. Notre équipe vous aide à faire le point sur un dossier en cours et à identifier les aides encore ouvertes sur votre exploitation, sous réserve d'éligibilité.
Faire le point avec un expert