La fiche CEE AGRI-EQ-110 (séchage solaire) est abrogée. L'arrêté du 18 septembre 2026 a supprimé son financement : aucun nouveau dossier n'est recevable depuis le 24 septembre 2026, et le recensement des opérations déjà engagées est clos depuis le 2 octobre 2026.

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Séchage du bois en Corse : les solutions pour les scieries

L'île est couverte de forêts, et pourtant son bois se vend trop souvent vert ou part sans être transformé. Le séchage du bois en Corse reste le chaînon qui manque à la filière — mais l'aide qui le portait a changé de visage.

La fiche CEE AGRI-EQ-110, qui finançait le séchoir solaire à insufflation pour les produits et co-produits forestiers, est abrogée par l'arrêté du 18 septembre 2026 : plus aucun nouveau dossier ne peut être déposé depuis le 24 septembre 2026. Pour une scierie, les projets de chaleur s'appuient désormais sur la récupération de chaleur et la pompe à chaleur, toujours ouvertes sous réserve d'éligibilité. L'île relève des zones non interconnectées (ZNI) : sur ces opérations, le volume de certificats compte double.

Mis à jour le — fiche AGRI-EQ-110 supprimée par l'arrêté du 18 septembre 2026.

Une île très boisée qui sèche encore peu son bois

L'étude régionale de la statistique publique pose le décor. La forêt couvre environ 500 000 hectares, soit 58 % du territoire insulaire — la moyenne métropolitaine plafonne à 30 %. Le stock sur pied atteint 46 millions de m³, dominé côté bois d'œuvre par le pin laricio des forêts publiques.

Face à cette ressource, la transformation locale reste modeste. La récolte s'est longtemps limitée à quelques dizaines de milliers de m³ par an, avec deux scieries actives seulement avant les appels à projets de la Collectivité de Corse. Pendant ce temps, l'île importe environ 25 millions d'euros de bois de construction chaque année. Un paradoxe que la filière bois locale s'emploie à corriger, unité par unité.

La dynamique s'inverse : nouvelles unités de première transformation, marque Lignum Corsica pour certifier le bois insulaire transformé sur place. Dans ce mouvement, un séchoir performant n'est pas un luxe — c'est ce qui permet au bois corse de rivaliser avec le bois importé.

Le terrain complique pourtant l'équation : plus de 80 % des volumes sur pied se classent en exploitation difficile, entre pentes et longues distances de débardage. Chaque m³ sorti de forêt coûte cher — raison de plus pour en tirer la valeur maximale une fois en scierie, au lieu de le brader vert.

Le séchage solaire du bois : comment ça marche ?

Le séchage solaire par insufflation consiste à réchauffer l'air sous des panneaux hybrides posés en toiture, puis à le pousser au travers du bois empilé dans un bâtiment fermé. Les panneaux produisent en même temps de l'électricité, qui alimente les ventilateurs ou se revend. Aucun brûleur à entretenir, aucun combustible à acheter : le poste séchage sort du compte d'exploitation.

Le procédé reste la référence pour sécher sans combustible. À retenir pour un exploitant forestier :

  • L'air circule à basse température, sans brûleur ni combustible.
  • Un séchoir de plaquettes documenté en Deux-Sèvres fonctionne avec 400 panneaux hybrides — 100 kWc électriques et 298 kW thermiques.
  • Pour un séchoir haute température existant, la chaleur perdue constitue un gisement à étudier — voir notre page récupération de chaleur en industrie.

Côté bois d'œuvre, l'enjeu est le temps : à l'air libre, compter environ un an de séchage par centimètre d'épaisseur. Un séchoir ramène le taux d'humidité du bois de charpente entre 14 et 20 % en quelques semaines, et prépare la menuiserie qui exige 8 à 12 %. La régularité compte autant que la vitesse : un lot homogène se vend mieux et se travaille sans mauvaise surprise.

Pourquoi les projets corses restent deux fois mieux aidés ?

La règle vient de l'article 4 de l'arrêté du 29 décembre 2014 : pour une action réalisée en ZNI, la réglementation multiplie par 2 le volume de certificats délivrés. La Corse en fait partie, et la 6e période prolonge la règle jusqu'à fin 2030.

Le séchage forestier comptait parmi les opérations les mieux dotées du catalogue agricole — c'est ce qui rendait la fiche AGRI-EQ-110 si intéressante pour l'île. Cette fiche étant abrogée, le doublement continue de s'appliquer aux opérations encore ouvertes : récupération de chaleur, pompe à chaleur, isolation ou pilotage des consommations, sous réserve d'éligibilité. Notre page prime CEE doublée en Corse explique le mécanisme complet, secteurs et exemples à l'appui.

Du bois d'œuvre aux plaquettes : que peut-on sécher ?

La fiche vise les produits et co-produits forestiers au sens large. Les usages qui comptent pour l'île :

  • Bois d'œuvre : pin laricio et châtaignier sciés, pour la charpente et la menuiserie locales.
  • Plaquettes forestières : le séchage fait passer leur valeur de 2 200-2 800 kWh par tonne (vertes) à 3 300-3 900 kWh (sèches).
  • Bois bûche : les bûches extra sèches de classe A1 atteignent 4,1 à 4,4 kWh par kg.
  • Sciures et granulés : les co-produits de scierie se valorisent séchés, au lieu de partir en déchets.

Le bois énergie insulaire a de la marge. La SEM du bois énergie produit environ 11 000 tonnes de plaquettes par an pour le réseau de chaleur de Corte et des chaufferies collectives. Or la consommation ne représente qu'une fraction du volume mobilisable sur l'île. Sécher, c'est vendre plus d'énergie par tonne — et encrasser moins les chaudières.

Un exemple concret existe sur le continent : un producteur des Deux-Sèvres sèche ses plaquettes sous 400 panneaux hybrides, avec 100 kWc électriques et 298 kW thermiques répartis sur 3 cellules. Le même schéma technique se transpose à une plateforme corse — son financement s'étudie désormais sur les fiches de chaleur encore ouvertes, sous réserve d'éligibilité.

Quel financement pour votre scierie ?

Le calcul des certificats suit la logique nationale : un montant unitaire en kWh cumac par kW ou par m², multiplié par l'équipement installé — notre page de calcul d'une prime CEE détaille la mécanique. L'insularité intervient à la fin et double le volume obtenu.

Le barème propre au séchage solaire — 134 100 kWh cumac par kW thermique en zone H3, soit 268 200 après doublement ZNI — appartenait à la fiche AGRI-EQ-110. Il ne s'applique plus aux nouveaux dossiers depuis l'abrogation du 24 septembre 2026. Les montants à attendre aujourd'hui dépendent des fiches encore ouvertes sur votre site : récupération de chaleur sur un séchoir existant, pompe à chaleur, isolation ou pilotage des consommations. Nos experts les chiffrent sur devis, avant tout engagement.

Un point de méthode vaut pour toutes les opérations du dispositif : le dossier s'engage avant la signature du devis. Une opération lancée après coup perd son droit aux certificats.

Les exploitations agricoles voisines ne sont pas en reste : laiterie, froid et récupération de chaleur relèvent de fiches distinctes, encore ouvertes sous réserve d'éligibilité — voir les primes CEE des agriculteurs corses. Une scierie qui valorise aussi des co-produits agricoles peut combiner les deux lectures sur un même site.

Questions fréquentes de la filière bois insulaire

Votre installation

Mon hangar de stockage convient-il ?

Un bâtiment clos reste la condition d'un séchage maîtrisé : il permet de piloter les flux d'air insufflés dans le bois empilé. La fiche AGRI-EQ-110, qui finançait ce type d'installation, est abrogée depuis le 24 septembre 2026 — le projet s'étudie désormais sur les fiches de chaleur encore ouvertes, sous réserve d'éligibilité. Un bâtiment neuf peut aussi porter un projet de récupération de chaleur ou de pompe à chaleur, étudié dès la conception.

Le séchage solaire suffit-il pour du bois d'œuvre ?

Il accélère fortement le passage sous les seuils de la charpente par rapport au séchage à l'air libre. Pour la menuiserie fine, il sert de pré-séchage économique en amont d'un séchoir classique. Le financement CEE de ces installations relevait de la fiche AGRI-EQ-110, abrogée depuis le 24 septembre 2026 ; la chaleur perdue d'un séchoir existant peut en revanche s'étudier en récupération de chaleur, sous réserve d'éligibilité.

Valorisation et aides

Pourquoi sécher les plaquettes et le bois de chauffage ?

Parce que du bois sec se vend plus cher et brûle mieux. Le pouvoir calorifique grimpe avec le séchage : environ 40 % de kWh en plus par tonne entre des plaquettes vertes et des plaquettes sèches. La chaufferie cliente y gagne aussi, avec moins de particules fines et moins d'entretien. Un argument commercial direct pour un producteur insulaire, au moment où les chaufferies collectives de l'île cherchent des combustibles de qualité constante toute l'année.

Puis-je cumuler avec les aides de la filière bois ?

Les certificats d'économies d'énergie sont indépendants des dispositifs de soutien à la filière portés par la Collectivité de Corse ou l'ODARC. Un cumul est souvent possible, à vérifier dossier par dossier selon les plafonds d'aides publiques. Nos conseillers coordonnent les démarches pour que les deux financements avancent de front, sans retarder le chantier ni fragiliser l'un ou l'autre dossier.

Voir aussi

Faites chiffrer votre projet de chaleur en scierie

Réponse d'un expert sous 48 h

  • Volume de certificats doublé sur toute opération corse.
  • Récupération de chaleur et pompe à chaleur : les pistes encore ouvertes pour votre site.
  • Dossier engagé avant la signature de vos devis, sans engagement.

Indiquez vos volumes de bois, votre bâtiment et vos débouchés — bois d'œuvre, plaquettes ou bûches. Nos experts passent en revue les opérations encore ouvertes pour votre scierie et vous adressent une estimation ferme sous 48 h, sous réserve d'éligibilité. Vous gardez le choix de l'installateur, du matériel et du calendrier de chantier.

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